PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015:  #Patricia ZOUNDI, fondatrice de QuickCash

PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: #Patricia ZOUNDI, fondatrice de QuickCash

Nous avons rencontré Patricia Zoundi lors de son passage en France pour le World Forum de Lille en octobre dernier. Pleine d’énergie et d’enthousiasme, son envie d’entreprendre est communicative.

AO/ Qui est Patricia ZOUNDI ?

Tout d’abord je tenais à vous remercier pour l’opportunité que vous nous donnez de partager notre petite expérience. Je suis Patricia ZOUNDI YAO née le 03 Mars 1976 à Aboisso(Côte d’Ivoire). Mariée et mère de deux garçons, je vis en Cote d’Ivoire et je l’Administrateur Directeur General de QuickCash que j’ai fondé en 2010.  Je suis de formation Juriste avec une Maîtrise en Droit des Affaires obtenue à la Faculté de Droit et de Sciences Politiques de l’Université de Ouagadougou au Burkina Faso en 1999. Ensuite j’ai eu à suivre pas mal de formations en Management (Dale Carnegie). J’ai un diplôme Universitaire en Médiation obtenu à IFOMENE (Institut de Formation à la Médiation et à la Négociation) de l’Université Catholique de Paris. J’ai aussi suivi une formation sur le dialogue social avec le Centre International de Turin organisée par l’OIT.

Concernant ma carrière professionnelle, j’ai forgé mes premiers pas dans entrepreneuriat aux cotés de ma défunte mère pendant les vacances scolaires dès mon jeune âge (école primaire). Ma mère arpentait les marchés dans les villages pour proposer ses marchandises. Auprès d’elle, j’ai donc appris à toucher à tout. J’ai vendu des sachets de jus de fruits (gingembre, tamarin), des seaux en plastiques, des vêtements pour enfants, des fournitures scolaires, même des recharges téléphoniques et beaucoup d’autres choses. Quand j’étais étudiante parallèlement à mes études, je vendais un peu de tout sur le campus universitaire (attiéké, bananes plantains, produits cosmétiques, bijoux …).

AO/ Racontez nous l’histoire de la marque Quickcash ?

En 1999  avec ma maîtrise de Droit en poche et face à la rareté de l’emploi, ma Mère m’a cédé son magasin que j’ai exploité pendant 3 ans avant que mon oncle ne me fasse appel pour l’aider à développer une activité de transfert d’argent (Western Union) avec une banque de la place. C’est ainsi que j’ai pu mettre les pieds dans le milieu du transfert d’argent. Par la suite j’ai créé ma propre entreprise  formelle en 2006 qui exploitait des produits de transferts d’Argent, tels que Money Gram et Western Union. Cette dernière expérience n’a pas été un franc succès, mais cela m’a permis de tirer des leçons, de comprendre l’environnement concurrentiel du marché afin de mieux rebondir. En effet, j’avais remarqué que les plateformes de transferts d’argents qui existaient (Western Union, Money Gram) ne pouvaient pas fonctionner en milieu rural à cause de certaines contraintes comme l’électricité et la connexion internet. Pour effectuer leurs transactions, les populations du monde rural devaient donc parcourir d’énormes distances, parfois deux jours, quand on connaît la rareté, la précarité  et le coût des moyens de transports dans nos pays.  A cela il faut ajouter l’insécurité sur les routes et surtout la perte de temps. Tout ceci  concourait à faire du transfert d’argent un produit de luxe inaccessible aux populations du monde rural.

C’est donc pour résoudre cette problématique que notre structure Quick Cash a été créée.  Quand j’ai pris la décision de créer QuickCash je n’avais pas un sou en poche. Je me rappelle que pour la constitution de la société, j’ai payé les frais du notaire à crédit (je remercie au passage la notaire qui m’a fait cette faveur exceptionnelle). J’ai démarré avec comme acquis un ordinateur de seconde main que j’ai acquis à 60.000 FCFA  et un téléphone portable de 10.000 FCFA. Nous  n’étions  même pas en mesure de pouvoir nous payer un loyer pour les  bureaux et c’est sous un hangar à la maison que nous travaillions. Vous vous imaginiez qu’avec cela je ne pouvais même pas parler de salaire avec mes collaborateurs à l’époque (j’ai commencé avec deux personnes). Tout ceci pour montrer le contexte difficile dans lequel nous avons démarré devant des concurrents de taille. Face à la concurrence, et connaissant nos limites, nous avons segmenté la clientèle en nous adressant à une cible bien précise que nous connaissions parfaitement et souvent délaissée : le monde rural.

zoundi

AO/ Avez-vous été confronté dans votre parcours professionnel à des défis liés à votre condition de Femme et de Femme africaine en particulier ?

Pas vraiment car ma philosophie est que plus les choses semblent difficiles et c’est là que je trouve une raison d’aller plus loin. Je ne me décourage presque jamais face aux quelconques discriminations basées sur le sexe. Au contraire, les hommes m’ont beaucoup aidé et encouragé dans ce que je fais. Mon Père, mon époux et mes frères sont mes premiers soutiens.

AO/ Comment décririez-vous  la femme africaine d’aujourd’hui ?

La femme africaine de plus en plus s’affirme. Elle prend plus d’initiatives et s’aventure dans des secteurs d’activité autrefois réservé aux hommes (Transport, BTP, Mines et Energie…).

AO/ Comment voyez-vous la femme africaine dans l’avenir ?

Nous constatons une montée en puissance des femmes africaines dans les affaires notamment les plus jeunes. La Femme africaine est déjà très active dans la vie économique de nos pays, mais le fait qu’elles exercent pour la plupart dans l’informel nous prive de statistiques pour évaluer convenablement leur contribution. Aussi l’un des défis majeurs est de l’encourager à sortir de l’informel, à se structurer et à faire de son activité une grande entreprise voir une multinationale.

AO/ Votre top 3 des femmes sources d’inspiration ?

1. Ma mère qui bien qu’elle ne soit pas partie à l’école a fait de ses enfants des majors de leur promotion

2. Mère Theresa qui nous a montré que pour aider ou faire une œuvre il n’est pas besoin d’avoir assez de moyens mais que le plus important était de commencer

3. Ces femmes anonymes  du monde rural qui chaque jour font face aux difficultés de la vie pour subvenir aux besoins de leurs familles.

AO/ Un conseil ou un mot d’encouragement pour les jeunes femmes qui vous suivent et qui souhaiteraient entreprendre ?

C’est maintenant qu’il faut se lancer. On n’est jamais trop prêtre pour commencer l’aventure entrepreneuriale. Il faut démarrer avec les moyens de bord fussent-ils modestes. Ce n’est pas tellement la quantité d’argent qu’on injecte dans un projet qui le fait réussir. Surtout ne pas avoir peur des échecs car cela fait partie de la vie d’une entrepreneure. Le plus important, c’est de pouvoir tirer les leçons de l’échec pour avancer. Très souvent nous abandonnons après plusieurs échecs au lieu de persévérer.

quik

Crédits photo http://quickcashci.com/

———————–Portrait chinois (africain) de Patricia————————

Si vous étiez un pays africain ?

La Cote d’Ivoire

Si vous étiez un style musical africain ?

La kora

Si vous étiez un plat africain ?

Le Kabato à la sauce dah

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QUICKCASH
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