PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015:  #Ivy DOHOUNON, le pigeon voyageur

PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: #Ivy DOHOUNON, le pigeon voyageur

Difficile de décrire Ivy en quelques mots. Une boule d’énergie, débordante de positivité et de générosité, dont nous avons découvert le blog un peu par hasard mais qui nous a tout de suite ébloui par la qualité et la précision de ses récits mais également de ses photographies. Besoin d’une escapade dans un lieu insolite, envie de voyager sans prendre l’avion, faites absolument un tour sur le journal d’un pigeon voyageur mais avant cela, petite escale pour mieux connaitre Ivy.

AO/ Qui est Ivy DOHOUNON ?

Une jeune trentenaire, togolaise de naissance mais ivoirienne de cœur car j’ai passé toute mon enfance ainsi que mon adolescence à Abidjan. Depuis le début des années 2000, je réside à Paris où j’exerce, à présent,  la profession d’avocate. Ça c’est pour le portrait côté face !

Côté pile, je me suis, au fil des années, découverte une passion très prononcée pour la gastronomie, provenant de tous les horizons, la mode africaine, la culture sous toutes ses formes, la photographie et bien évidemment les voyages.

Avec du recul, je me rends compte que toutes les composantes du futur Journal d’un Pigeon Voyageur, le blog consacré aux récits de mes voyages à travers les continents que j’ai lancé le 6 juillet 2014, étaient déjà réunies sans que je ne le sache !

AO/ Raconte nous l’histoire du Journal d’un Pigeon Voyageur ?

La genèse du JPV, en référence au surnom que me donne bon nombre de mes proches, est liée à un désir que je nourrissais depuis déjà plusieurs mois.

Celui de partager publiquement ma passion pour les voyages. (je le faisais déjà en privé avec mes amis et ma famille comme je l’ai expliqué dans une récente interview donnée au site Les Découvertes d’Aamlorie)

Si j’ignorais la forme que prendrait ce blog, j’étais en revanche certaine que je souhaitais, tant par souci d’authenticité pour les lecteurs qui s’y arrêteraient qu’afin que la rédaction des articles demeure un plaisir pour moi, qu’il me ressemble au lieu d’être un ersatz des autres très bons blogs que l’on peut suivre sur le net.

Ainsi, le JPV reflète tout d’abord ma conception du voyage que je résumerai en une phrase : une soif, sans cesse renouvelée, de découvrir le monde autrement  à travers des escapades sortant des sentiers battus.

Avec le JPV je vous emmène à la découverte de lieux touristiques insoupçonnés, atypiques, où nul ne songerait à se rendre ou bien de sites que vous connaissez peut être déjà mais pour lesquels je vous livre des détails inattendus.

Mon crédo étant de toujours susciter, à travers mes articles, l’étonnement (que j’espère positif) , l’intérêt et pourquoi pas le questionnement de mes lecteurs.

Mais au-delà de cette vision fondatrice, le JPV porte également une partie de mon ADN car je m’y dévoile en partageant, via les 6 catégories du blog, certains de mes centres d’intérêts.

Ainsi, ma formation littéraire, mon amour pour la Culture et l’Histoire transparaissent dans mes récits « Moments d’Évasion », plutôt denses je le concède.

Ma passion pour l’Art se reflète dans les posts estampillés « Quand Art rime avec Voyage » tandis que celle pour la photographie s’exprime grâce aux « Portfolios », qui sont un condensé (d’un site ou d’une ville) d’une partie des photos personnelles que je prends lors de mes échappées touristiques (toutes les photos publiées sur le blog sont en effet de moi).

Avec la catégorie « Hôtels d’Exception » je mets en lumière des hébergements insolites ou dont la beauté a pu me troubler.

Parce que voyage qualitatif ne doit pas obligatoirement rimer avec long séjour dans la mesure où  une échappée de 72, 48 voire 24 heures peut  être tout aussi intense en découvertes, « Short and Sweet escapades » vous donnera des idées d’itinéraires et de visites pour des échappées courtes.

Enfin, à travers la rubrique « le JPV vu par Bâle », je désire offrir une autre vision du blog à travers des dessins. A ce titre et bimensuellement, la talentueuse dessinatrice Bâle illustre, à sa guise, les articles du  blog qui auront été une source d’inspiration pour elle.

Tenir ce blog, depuis bientôt 8 mois, est certes un challenge mais c’est surtout un véritable bonheur, doublé d’un apprentissage accéléré des nouvelles technologies pour moi qui était jusque-là une véritable gaou (nulle selon le dictionnaire nouchi ivoirien) en la matière.

Si je devais citer les 4 moments de joie intense qui m’ont le plus marquée depuis l’ouverture du blog, je dirai en premier lieu l’interaction, qui se développe de plus en plus, avec mes lecteurs sur les différents réseaux sociaux où le JPV est présent(Facebook, Hellocoton et dernièrement Instagram); la participation du blog au Golden Blog Awards Parisien où il a terminé 5eme du top 10 des nominés (sur près de 200 blogs concourant au départ dans la catégorie voyage/ tourisme ) ainsi que les contributions du JPV , s’agissant de ses destinations africaines, sur le site Visiterl’afrique.

Last but not least, je ne peux pas ne pas mentionner les blogs, à l’instar de Nothing but the wax, les Découvertes d’Ammlorie ou encore vous, Ayaa Opinion, qui, en évoquant directement le JPV ou en lui donnant la parole au cours d’interviews,  contribuent à accroître sa visibilité et son audience. So mille mercis !

Je dirai donc, en guise de conclusion, que l’histoire du JPV est celle d’un projet concrétisé  qui s’avère être le plus beau cadeau que je me sois offert à moi-même pour mon entrée dans la trentaine !

pigeon

AO/ Avez-vous été confronté dans votre parcours professionnel à des défis liés à votre condition de femme et de (jeune) femme africaine en particulier ?

Pour l’heure, et je croise les doigts pour que cela perdure, ma condition de femme n’a jamais été un obstacle dans mon parcours professionnel.

En revanche, j’ai parfois eu le sentiment, notamment lorsque j’étais en Hypokhâgne ou durant mes années en faculté de droit, de devoir me justifier en permanence et / ou de devoir en faire plus que les autres pour prouver que je méritais d’être là où je me trouvais.  Tout simplement parce que j’étais une jeune femme africaine. Les préjugés ont la vie dure !

D’ailleurs, encore aujourd’hui il m’arrive sporadiquement, dans l’exercice de ma profession, d’entendre des propos qui n’auraient jamais été prononcés si je n’étais pas une jeune femme africaine.

Toutefois,  ces personnes se confondent en excuses dès l’instant où je revêts ma robe d’avocat. C’est, selon moi,  l’un des pouvoirs cachés de mon « vêtement de travail » : me donner une crédibilité aux yeux de ceux, qui a première vue, doutaient de moi.

Si je me suis à l’époque (universitaire), fougue de la jeunesse oblige, toujours insurgée avec plus ou moins de colère, face à ce qui pour moi constituait une discrimination, j’ai très vite compris que mes meilleures armes pour répondre à ces personnes étaient doubles. Ne jamais me reposer sur mes lauriers en produisant un travail qui soit le plus irréprochable possible ET me faire respecter, quelque soit l’interlocuteur se trouvant en face de moi. Ce dernier point est d’autant plus important en ce qui me concerne car j’ai un visage plutôt juvénile auquel les gens associent automatiquement absence d’expérience et donc peu de sérieux.

Cette recette n’est pas infaillible mais elle a fonctionné pour moi.

AO/ Comment décririez-vous la femme africaine d’aujourd’hui ?

Pour moi c’est une femme, qui tout en étant fière de ses origines et de sa culture qu’elle assume de plus en plus aux yeux du monde, se débarrasse progressivement de tous les carcans dans lesquels elle a été enfermée depuis trop longtemps.

Elle a pris conscience de sa valeur, a réalisé qu’elle avait,  elle aussi, un rôle a jouer dans l’amélioration et le développement de la société à laquelle elle appartient et ce à tous les niveaux, et elle est prête à prendre son indépendance et à assumer ses responsabilités.

Elle n’hésite donc plus à prendre sa destinée en main en faisant des choix qui lui correspondent dans tous les domaines de sa vie, choix pour lesquels elle se battra si on tente de lui en imposer d’autres.

Si on a coutume de dire que derrière un grand homme se cache une grande femme, je serai tentée d’affirmer que la femme africaine d’aujourd’hui est une femme qui ne veut plus se contenter de cette place de l’ombre, bien souvent derrière une figure masculine. C’est simple, elle veut également exister par elle-même et le montrer.

AO/ Comment voyez-vous la femme africaine dans l’avenir ?

Tout en continuant à combattre les inégalités, discriminations et abus dont elle sera encore victime, je l’imagine poursuivant ses rêves et s’imposant, sans armes ni cris, dans une société qui saura, enfin, lui donner toute la place qu’elle mérite d’occuper.

AO/ Votre top 3 des femmes sources d’inspiration ?

Je dirai que je suis en premier lieu épatée par un archétype précis de femmes ( peu important leurs origines) : celles qui se battent au quotidien, même si cela exige des sacrifices parfois lourds, pour poursuivre leur rêves et atteindre leurs objectifs et ou idéaux envers et contre tous.

Ainsi, je suis autant inspirée par la mère célibataire à temps partiel qui jongle entre deux travails pour offrir le meilleur, qu’elle n’a pas eu, à ses enfants que par la reine baoulé Abla Pokou qui sacrifia son fils unique pour la survie des siens.

Mais également par Jeanne Chauvin, première femme avocate française à plaider en 1907 et deuxième à s’inscrire au Barreau de Paris (qui est le mien), par les Mama Benz  ces commerçantes togolaises qui ont, dans les années 1950, construit des empires dans le secteur textile, par des figures emblématiques comme Rosa Parks qui s’est battue pour les droits civiques des noirs aux Etats Unis et enfin, plus proches de nous, par des femmes  qui, à l’instar d’ Oprah Winfrey,  Chimamanda Ngozi Adichie ou Aisha Obuobi se sont imposées, avec brio, dans leur secteur.

Si je dois mentionner,  en sus, deux autres femmes qui sont mes sources d’inspiration je répondrai tout d’abord ma mère car son parcours, notamment universitaire et professionnel, m’a convaincue qu’il était possible de se faire une place au soleil et voir ses mérites reconnus à condition de le vouloir et bien évidemment de travailler pour. Par ailleurs, je lui dois la confiance qui m’anime car elle a toujours cru en moi et n’a jamais cessé de me soutenir dans tous les choix que j’ai eu à faire.

Enfin je citerai l’actuelle première dame des Etats Unis, Michelle Obama. Non seulement  pour les raisons que tout le monde connait et que je ne vais pas répéter ici mais aussi parce que nous partageons deux choses en commun :  la même date anniversaire, à 20 ans d’intervalle tout de même, ainsi que la même profession.

AO/ Un conseil ou un mot d’encouragement pour les jeunes femmes qui vous suivent et qui souhaiteraient valoriser l’Afrique autrement ?

Ne cessez jamais de croire en vous et laissez vos idées, vos rêves et vos projets se matérialiser, même ceux qui vous semblent les plus fous ou les plus petits, because you never know !

Tous les génies et les grandes fortunes de ce monde ont, en effet, commencé petit. Ils avaient uniquement une foi inébranlable en l’idée révolutionnaire qu’ils avaient et ne craignaient pas de se retrousser les manches pour travailler afin d’y arriver.

Et en parallèle, assumons et soyons fières d’être les ambassadrices de notre merveilleux continent, qui est loin d’être uniquement guerre, famine et corruption,  afin de révéler au monde toutes ses beautés insoupçonnées.

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Terrasse du bar de l’hotel KIRURUMU MANYARA LODGE – TANZANIE
Crédits photo Journan d’un pigeon voyageur

————————-Portrait chinois (africain) de Ivy—————————–

Si vous étiez un pays africain ?

Sans hésitation le pays des Eléphants aka la République de Cote d’Ivoire !

Un superbe pays qui, après la crise politique traversée durant ces 10 dernières années, renaît de ses cendres et  qui, en conséquence, a, depuis 3 ans,  amorcé sa reconstruction avec fracas !

Tout n’est pas encore parfait mais la Cote d’Ivoire a un potentiel non seulement économique mais également touristique à ne pas négliger !

Watch out ! (et je le dis en toute objectivité J)

Si vous étiez un style musical africain ?

Je dirai sans conteste l’azonto qui est à la fois un style musical et une danse.

Tout d’abord par patriotisme car l’azonto est né au Ghana, pays dont était originaire ma grand-mère maternelle.

On a tendance à l’oublier depuis qu’il a été repris, toujours avec autant de brio, par un certain nombre de talentueux chanteurs nigérians ou que des collaborations ont vu le jour entre des artistes estampillés azonto  et des pointures internationales de la musique telles que Wyclef Jean ou Sean Paul (pour ne citer qu’eux ).

Ensuite parce que pour moi qui adore danser, je trouve que cette musique, entraînante à souhait, est parfaite pour se trémousser sur une piste de danse.

Enfin j’apprécie le fait que chacun puisse s’approprier cette danse en intégrant au pas de base ses propres « phases » (pas de danse). Il y a donc autant de façons de danser l’azonto que de danseurs, bonne nouvelle n’est ce pas ?

Si vous étiez un plat africain ?

Difficile pour la gourmande que je suis de ne choisir qu’un plat car je trouve que la gastronomie africaine réserve de très très bonnes surprises.

Vous ne m’en voudrez donc pas de vous dresser une liste des mets pour lesquels je serai prête à tuer père et mère. Bon j’exagère quelque peu.

Alors dans mon top 5, on retrouve :

–              Le Maroc : dont je ne me lasse pas des bricks à la viande et du poulet aux olives

–              Le Togo : dont j’adore le koliko (frites d’ignames), l’ablo (un accompagnement un peu sucré à base de farine de maïs), le pinon (accompagnement fait à base de farine de manioc à laquelle on ajoute de la sauce tomate pour former une boule). Tous trois se dégustant avec de bonnes grillades ou des fritures de petits poissons que l’on retrouve également sous le nom de sambaza au Rwanda.

–              La Cote d’Ivoire avec son garba (plat emblématique) constitué d’attieke (semoule de manioc), de poisson frit et d’une petite sauce crue  réalisée avec de la tomate du piment et de l’oignon  ainsi que ses boflotos (des beignets de farine souvent vendus dans la rue à l’heure du goûter et qui sont saupoudrés de sucre)

–              Le Sénégal : dont j’adore le tchep blanc (une sorte de riz au gras, sans tomate dans le cas présent, réalisé avec du poisson et des légumes)

–              L’Ethiopie et son ye beg tebs ( de délicieux morceaux d’agneaux et d’oignon grillés que l’on mange avec une galette de céréales appelée injeera)



Plus d'infos:
JOURNAL D'UN PIGEON VOYAGEUR
- Le site internet: http://journaldunpigeonvoyageur.blogspot.fr/
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