PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: #Julie Owono, présidente du Club Efficience Junior

PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: #Julie Owono, présidente du Club Efficience Junior

Julie OWONO est la présidente du Club Efficience Junior. Elle arrive au travers de différentes activités comme des soirées networking à mettre en avant l’Afrique. Il y a tellement peu de femmes de la diasporas animées de cette noble volonté qu’il était impossible de ne pas la mettre en avant également aujourd’hui. 

AO/ Qui est Julie OWONO ?

Je suis Julie OWONO, une camerounaise de 28 ans vivant en France. Je suis élève-avocat à l’école du Barreau de Paris.

AO/ Racontez-nous l’histoire du Club Efficience Junior ?

Le Club Efficience Junior est une association à but non lucratif qui rassemble des jeunes d’Afrique et d’ailleurs, qui aiment le continent africain, ont un lien avec celui-ci.

L’association a deux ans. Elle est née de la volonté de fédérer tous ces jeunes, toutes ces personnes qui sont témoins et acteurs des changements historiques de cette première moitié du 21è siècle (Circulation de l’information et du savoir grâce aux nouvelles technologies, dynamisme et jeunesse du continent africain…), et qui souhaitent que ces changements soient une chance pour le continent, et ses populations, aussi bien en Afrique, qu’en France.

AO/ Avez-vous été confronté dans votre parcours professionnel à des défis liés à votre condition de femme et de (jeune) femme africaine en particulier ?

Dans le métier auquel j’aspire, il est vrai que dans l’ensemble, beaucoup de choses ont changé : selon les dernières statistiques disponible du Conseil National des Barreaux (disponibles ici), plus de la moitié des avocats en France en 2012 étaient des femmes (52,7%). Néanmoins, des inégalités inquiétantes persistent : une étude menée par l’Union des Jeunes Avocats (file:///Users/JulieOwono/Downloads/2012_05_03_uja_cp_rapport_egalite_professionnelle__adopte__1.pdf) démontre que les femmes sont plus nombreuses à quitter la profession d’avocat dans les 10 premières années d’exercice : en cause, notamment, les écarts de revenus considérables (57.818 euros contre 96.536 euros pour les hommes en 2011), le « plafond de verre » contre lequel se heurtent beaucoup de femmes lorsqu’elles aspirent à plus de responsabilités, l’idée que les femmes doivent choisir entre vie de famille et ambition professionnelle. Tous ces obstacles sont décuplés pour les femmes africaines, qui cumulent la discrimination liée à leur sexe, et à leur origine. A titre personnel, je sais ce que je veux, et ce que je ne veux pas, et j’ai toujours refusé d’être victime de la condition à laquelle la société, dans ses travers, veut me cantonner. Je suis plutôt de celles qui prennent le parti de trouver leurs propres opportunités.

AO/ Comment décririez-vous  la femme africaine d’aujourd’hui ?

Difficile de la résumer en quelques mots, tant le continent est riche de sa diversité, mais je vais tenter en quelques idées : C’est une femme résiliente, elle se bat quotidiennement contre les préjugés hérités de l’histoire, et surtout, elle est ambitieuse et créative !

AO/ Comment voyez-vous la femme africaine dans l’avenir ?

Je pense que la femme africaine doit continuer à se battre contre le patriarcat, hérité de l’histoire, ce patriarcat qui nous a longtemps laissé penser que la femme africaine n’avait qu’un second rôle dans la société. C’est, je crois, le plus grand défi : si nous avons des sociétés plus égales, dans lesquels les femmes ont  aussi une place de premier plan, les défis du continent seront plus aisés à relever.

Votre top 3 des femmes sources d’inspiration ?

1. Marthe Um Nyobe, la veuve de l’indépendantiste camerounais Ruben Um Nyobe : une encyclopédie vivante des années porteuses d’espoir, mais aussi des années les plus sombres de l’histoire du Cameroun. On parle peu du rôle des femmes dans l’accession à l’indépendance du Cameroun. Mme Um Nyobe est encore en vie pour nous le rappeler.

2. Christiane Taubira : La République française lui doit quelques unes de ses lois les plus importantes. Etre avocate en France et avoir pour ministre cette femme érudite, forte, déterminée est une fierté et un honneur.

3. Ory Okolloh : une des premières africaines à avoir compris qu’internet et l’innovation sont des chances pour les africains. Elle incarne pour moi cette femme africaine de l’avenir dont je parlais plus tôt. « 

AO/ Un conseil ou un mot d’encouragement pour les jeunes femmes, talents de la diaspora africaine qui vous suivent ?

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde, et n’ayez pas peur de vous réinventer, toujours.

CEJ

——————–Portrait chinois (africain) de Julie Owono——————–

Si vous étiez un pays africain ?

Le Cameroun : il parait que c’est l’Afrique en miniature :-)

Si vous étiez un style musical africain?

l’Afrobeat : la rencontre des Afriques, de l’ancien et du moderne, le lien avec la diaspora déportée au cours de l’esclavage, et surtout, une musique qui interroge, même 50 ans après, la jeunesse sur l’état de notre continent.

Si vous étiez un plat africain ?

Le gâteau de pistache (Nnam Ngon) de ma mamie :-)

 

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