PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: Nothing But The Wax avec #Chayet Chiénin

PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: Nothing But The Wax avec #Chayet Chiénin

Nothing but the wax est sans conteste un des blogs incontournables dans le paysage afropolitain actuel. Il était presque vital pour nous de connaitre la personne qui se cache derrière celui-ci. Nous avons ainsi découvert la charmante Chayet Chiénin et ne l’avons plus lâcher. C’est votre tour de la découvrir pour ceux qui ne la connaissent pas encore.

AO/ Qui est Chayet Chiénin?

Je m’appelle Chayet Chiénin, j’ai 29 ans. Je suis née en France et j’ai passé une partie de mon enfance à Abidjan (Côte d’Ivoire) d’où je suis originaire et je vis actuellement à Paris. Après une prépa HEC suivie d’une école de commerce, je me suis lancée dans l’audit financier, métier que j’ai exercé pendant 3 ans et demi avant de tout quitter il y’a quelques mois, pour vivre mes rêves d’entrepreneuriat.

AO/ Racontez-nous l’histoire de Nothing But the Wax ?

J’ai créé le blog en 2010. J’avais envie au départ de partager mon amour du wax et montrer que l’on pouvait faire de très belles choses avec ce tissu, pourtant si dénigré à l’époque. Et puis, petit à petit, j’ai découvert des créateurs qui faisaient de très belles choses et j’ai eu envie de parler d’eux, de leur donner une visibilité même à ma petite échelle. Aujourd’hui le blog est dans sa 4ème année, j’y parle toujours de wax mais surtout de mode africaine et afropolitaine dans sa diversité la plus totale. Vous pouvez y retrouver  des interviews de designers, des analyses du marché (business/marketing/société) mais aussi des Do it yourself (DIY), des compte-rendus de voyages et concerts.

AO/ Avez-vous été confronté dans votre parcours professionnel à des défis liés à votre condition de femme et de (jeune) femme africaine en particulier ?

Oui, bien sûr à plusieurs reprises. J’ai d’abord travaillé dans une grande maison de luxe en tant que contrôleur de gestion. A l’époque,  j’étais la seule femme noire de l’entreprise à un poste à responsabilité, en dehors des femmes de ménage.  Je devais dans une certaine mesure prouver à certains, que ma couleur de peau ne déterminait en rien mes compétences et qualités professionnelles. En quelque sorte, leur faire dépasser leur a priori de départ négatifs.

Ensuite, en cabinet d’audit, il m’est arrivé à plusieurs reprises de manager des équipes avec des hommes ayant à peu près le même âge que moi ou plus matures. Et là, ce n’est pas tant la couleur de peau qui devient un défi mais tout simplement la condition de femme. Car certains hommes ne supportent pas de se faire diriger par une femme. Bref, chronique d’un machisme ordinaire !

Mais, j’ai toujours pensé qu’il ne fallait pas se donner de limites à ses ambitions, aspirations et rêves. J’ai toujours balayé d’un revers de la main cette mentalité qui consiste à se dire, à envisager même que sa couleur de peau ou le fait d’être une femme va être un frein. Car c’est se mettre à soi-même des bâtons dans les roues, avant même que les autres ne le fassent pour vous.

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AO/ Comment décririez-vous  la femme africaine d’aujourd’hui?

La femme africaine que je vois et côtoie dans mon quotidien est une femme sûre d’elle, fière de son héritage culturelle et qui est prête à aller au bout de ses rêves et aspirations.

AO/ Comment voyez-vous la femme africaine dans l’avenir?

Dans l’avenir, je vois la femme africaine encore plus forte qu’elle ne l’est aujourd’hui. Je pense qu’il y’a une génération actuelle de femmes de talents avec des convictions fortes, célèbres ou non, qui sont en train de paver le chemin pour les générations à venir, en termes d’aspirations, d’ambitions… Nous commençons à avoir tout simplement des rôles modèles et ceci dans bien des domaines différents. Ces rôles-modèles vont pouvoir ancrer de manière indélébile dans l’esprit de cette future génération que  « No matter where you’re from, your dreams are valid », comme l’a dit si bien Lupita Nyong’o.

AO/ Votre top 3 des femmes sources d’inspiration?

  1. Ma mère a été et continue d’être une source intarissable d’inspiration et de motivation. Elle m’a inculqué des principes de vie, qui ont forgé la personne que je suis aujourd’hui. Elle est partie malheureusement trop tôt  lorsque j’avais 15 ans, mais elle reste présente et influe beaucoup sur mes choix, goûts et manière de voir la vie. D’ailleurs, pour la petite histoire mon pseudonyme « Chayet Chiénin » est une contraction de nos deux prénoms respectifs.
  2. Ma belle-mère, qui est une femme forte et courageuse.  J’admire sa résilience, sa joie de vivre et sa détermination.
  3. Christine Kabagema, connue sous le nom de Lady Ka, m’inspire énormément. Cette femme a vécu 1 000 vies en une. De sa jeunesse durant la royauté rwandaise, à l’Ouganda puis l’Europe, à une carrière de mannequin (elle fait partie de la génération des premiers mannequins noirs en France), de chanteuse et de photographe. Elle a même été une grande amie de Myriam Makeba que j’adore ! Engagée, féministe … cette femme est juste extraordinaire ! J’ai passé une semaine avec elle sur l’île de Gorée et nous avons eu une connexion et un échange incroyable que je n’oublierai jamais !

AO/ Un conseil ou un mot d’encouragement pour les jeunes femmes qui vous suivent et qui souhaiteraient se lancer dans la blogosphère sur la mode africaine?

Si je devais leur donner un seul et unique conseil, ce serait de ne pas avoir peur et de se lancer, mais de le faire avec amour et passion. Car sans passion, il n’y a pas de saveur, de personnalité propre et de générosité.

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———————–Portrait chinois (africain)  Chayet Chiénin————————–

Si vous étiez un pays africain ?

Je dirais bien la Namibie, car je rêve de m’y rendre ! Ce pays m’inspire beaucoup de par son histoire et ses paysages à couper le souffle.

Si vous étiez un style musical africain?

Ce serait clairement un mélange d’Afrobeat et de highlife. Ce sont des sonorités qui ont rythmé mon enfance. Chaque samedi, mon père montait la sono à fond et sans même le savoir j’écoutais déjà du Féla, du Ebo Taylor ou encore les Lijadu Sisters.

D’ailleurs, je suis en train de me constituer une bibliothèque de Vinyles  et CD des sons des années 60 et 70, de cette scène artistique africaine de l’époque.

Si vous étiez un plat africain ?

Ahhh, choix épineux pour la gourmande que je suis! Mais incontestablement, le plat que je pourrais manger tous les jours c’est un plat de riz avec de la sauce gombo.

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