PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: Roots Events avec #Christelle PANDAZYLA

PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: Roots Events avec #Christelle PANDAZYLA

Nous avons découvert Christelle PANDANZYLA au détour de recherches de soirées afro sur facebook. Le concept des Afro’péros qu’elle organise à Bruxelles avec son équipe nous a tout de suite interpellé. Nous avons voulu en savoir plus sur cette entrepreneur aux multiples facettes, qui par ses entreprises, ses convictions et sa volonté sans faille, réussit à faire vivre l’Afrique. Rencontre avec Christelle et sa vision de la femme africaine actuelle.

AO/ Qui est Christelle PANDANZYLA ?

Bonjour, je m’appelle Christelle PANDANZYLA et j’ai 33 ans. Je suis d’origine congolaise, née en Belgique et y résidant. Je me définis comme une social entrepreneur et porte différentes casquettes : consultante en communication, animatrice – journaliste et organisatrice d’événements.

AO/ Racontez-nous l’histoire de Just follow me et de Roots Events?

Je crois en la culture noire. La richesse et la diversité de ses arts, de sa mode, de sa musique, de son théâtre, de ses films. Je crois en la singularité de ses talents artistiques. Et comme citoyenne du monde, je veux jouer un rôle et partager cette richesse, que tout le monde puisse en jouir. Nous vivons dans un monde qui a du potentiel, je veux en ouvrir les possibilités. Voici mon rêve.
C’est cette vision qui m’a décidée il y a quelques années avec Dany Lô après un voyage en Tanzanie qui a été révélateur de notre potentiel peu exploité, avec mon associé de développer Roots Events pour investir dans nos racines. Cette plate-forme de la promotion de la culture noire a été divisée en différents départements pour servir les objectifs que nous nous sommes fixés :
– Events
– Education
– Empowerment
– Ethnic
A travers ces départements, nous avons développé des concepts qui participent à la promotion des langues et des cultures africaines, des jeunes entrepreneurs, des créateurs, des professionnels etc. mais aussi à leur émancipation économique.
Férue des médias et ne trouvant pas complètement mon compte dans ce que je pouvais retrouver dans les magazines ou à la télé ( le paysage audio-visuel belge se caractérise par une quasi absence de diversité dans ses programmes et/ou présentateurs – journalistes ) : il m’a d’emblée paru indispensable de proposer une solution alternative et créer un média qui pouvait également être un support de nos activités. Just Follow Me Magazine est né d’abord comme un blog pour raconter mes multiples voyages et rencontres qui en découlaient et a eu la chance grâce à un partenaire d’évoluer en magazine papier bi-mestriel traitant de tous les thèmes développés dans les magazines généralistes, mais sous une perspective afro. Le monde de la presse papier étant en pleine mutation, avoir des budgets d’annonceurs est une gageure et après un arrêt de quelques mois en version papier, le magazine sera de nouveau disponible dès mai.
Il était difficile de connaître les événements afro qui se déroulaient en Belgique et alentours, nous avons également développé au travers du magazine, un agenda en ligne qui reprend les activités incluant ou portés par des afro-caribbéens.

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Crédits photo Roots events

AO/ Avez-vous été confronté dans votre parcours professionnel à des défis liés à votre condition de femme et de (jeune) femme africaine en particulier ?

Quand je me suis lancée dans l’entrepreneuriat, j’avais une petite vingtaine d’années avec des rêves plein la tête après des voyages aux Etats-Unis et en Angleterre où tout est mis en place pour qu’on se lance sans trop de risques et que l’on goûte à ce parcours.
De retour en Belgique, la réalité était toute autre. Je me souviens d’un moment précis, où participante à un salon des entrepreneurs, j’étais : l’une des rares femmes, l’une des rares jeunes ( en dessous de 25 ans ) et l’une des rares noires ( nous étions 2 ). Ca faisait un sacré cumul de « handicaps » ! Les banques suivent difficilement ou pas du tout les projets, les réseaux de femmes vivent une autre réalité car ce sont souvent des femmes blanches, dans la quarantaine et qui ont le cas échéant un parachute (le mari qui gagne suffisamment pour deux) pour rebondir si cela ne marche pas. Il a donc fallu être inventif, persévérer, parfois faire un petit retour en arrière pour mieux sauter mais surtout ne pas baisser les bras face aux a priori négatif et quoi que l’on en dise à ce monde qui est calibré pour et par les hommes.

AO/ Comment décririez-vous la femme africaine d’aujourd’hui?

La femme africaine d’aujourd’hui a gardé dans on ADN l’héritage de battantes de ses prédécesseurs. Elle a allié à cela cette connaissance du monde environnant et l’abandon de certains carcans qui pouvaient la confiner dans un rôle passif alors que concrètement : elle fait tourner le monde.
La femme africaine est fière de ses origines, les célèbre, a une vision d’avenir et de prospérité concrète tout en n’oubliant pas les valeurs qui ont fait d’elle une personne sur laquelle on peut compter et qui se relèvera quelque soit l’obstacle que l’on veut mettre sur son chemin.

 Comment voyez-vous la femme africaine dans l’avenir?

On va demander à la femme africaine d’ici et de là-bas dans ce monde globalisé de plus en plus oublier ses racines pour se conformer à une norme mondiale. Or son vécu, le vécu de ses parents, son héritage, son histoire sont autant d’atouts qui la singularisent et dans lesquels elle peut puiser sa force. Je crois très fort dans les réseaux aussi car plus on est nombreux, plus on est fort , plus on peut faire changer les choses et avoir de l’impact. L’on devra se soutenir pour ne pas devenir les dommages collatéraux du « diviser pour mieux régner ». L’on devra se battre contre des coutumes rétrogrades qui reviennent en force car les femmes africaines faisant dorénavant porter leurs voix haut et fort font trembler le système patriarcal souvent imposé de force et en opposition à l’histoire. Mais le train est en marche et il ne s’arrêtera pas.

Votre top 3 des femmes sources d’inspiration?

Il n’y aura sûrement aucune originalité dans mes réponses mais ce sont ces modèles qui m’inspirent au quotidien soit par leur capacité à ne pas rester dans la case dans laquelle le monde avait pu les mettre, soit par leur pugnacité, leur adversité et leur don de soi dont elles font montre.

  1. Juliette Kimpiabi ( ma mère )
  2. Oprah Winfrey
  3. Miriam Makeba

Un conseil ou un mot d’encouragement pour les jeunes femmes qui mettent l’Afrique au cœur de leur activité ?

Croire en ses racines, investir en ses racines est un investissement pour l’avenir. Ce n’est pas facile mais il faut persévérer et ne pas hésiter à s’appuyer sur d’autres femmes qui ont pu passer par là. Faire partie de réseaux me paraît aussi essentiel pour porter son projet plus haut. Et le plus important c’est de croire en soi : nous avons tous du potentiel !

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Crédits photo Roots events

——————————-Portrait chinois (africain) Christelle——————————

Si vous étiez un pays africain ?

Tanzanie

Si vous étiez un style musical africain?

Rumba congolaise

Si vous étiez un plat africain ?

Chikwange – fumbwa – sardines

Plus d'infos
ROOTS EVENTS
- Le site internet : http://www.roots-events.com/
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