Tous au régime

Pour cet article, je me suis dit quoi de mieux que de créer la polémique, une fois ne sera pas coutume dans tous les cas. En parcourant un peu mes newsletters ce matin, un article de Jeune Afrique m’interpelle : « l’Afrique, tous au régime ! » Première réaction en bonne ivoirienne qui aime critiquer (pour améliorer les choses bien sûr), mon sourire se fait si large que mes lèvres manquent de toucher mes oreilles. Afrique et régime, deux mots qui à mon sens ne semblent pas aller de pair. Why ? Il n’y a qu’à regarder autour de nous à commencer par nous mêmes. Le pourcentage de femmes africaines dont l’IMC* est de 25 le poids normal standard, doit être de l’ordre de 20% selon ce que je vois hein je précise. Et puis  les hommes africains, en tous cas la plupart, nous aiment comme cela, en tous cas c’est ce qu’ils disent, alors pourquoi changer les choses.

Je calme néanmoins mes ardeurs et prend le temps de lire l’article en question dont voici des extraits :

Entre 1980 et 2008, la part de sa (l’Afrique) population obèse est passée de près de 3 % à plus de 11 %,

La rapidité du développement des pays du Sud, explique l’étude (de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)), entraîne une multiplication des facteurs aggravants de l’obésité : « transformation progressive de l’agriculture », « urbanisation », « sédentarisation », « demande accrue de plats cuisinés »… Les experts, qui parlent de « pandémie », préconisent des modifications de la chaîne alimentaire et la mise en œuvre de politiques de prévention.

Bon, certes il n’y a pas de quoi s’alarmer, l’Afrique fait partie des continents les moins touchés cette obésité mais est ce pour autant qu’il faut passer sous silence cette évolution ? Je ne crois pas.

En analysant un peu les choses, je me suis demandée si la forme des femmes africaines serait d’origine raciale, tout comme on pourrait dire que les européennes sont généralement minces et longilignes, les latinos sculptés comme des guitares (oui je suis jalouse et alors ?). La réponse est non ce serait absurde d’opérer une telle classification car rien n’est établi et on retrouve tous les types de formes sur chaque continent, je ne sais même pas pourquoi j’y ai pensé #Ayaa ; peut être parce qu’il faut à tout prix trouver une explication !

Est-ce parce que les africaines mangent beaucoup ?  En tous cas c’est ce que dit la FAO, on mange beaucoup et surtout mal. Mais combien d’entre nous sont prêts à mettre de côté son foutou* sauce graine*, son alloco*, son amiwo* ? Moi, moi, moi :)

En plus cette forme est mise en avant, presque sublimée quand j’entends des artistes peintres comme Augustin KASSI dire que la vraie femme africaine est plantureuse, mère généreuse  et tentatrice sexuelle et que ces femmes « dodues et grosses » ce sont ses mots, représentent un des aspects les plus importants de l’héritage africain #Ayaa. Permettez-moi Mr KASSI de douter de cet héritage. Personne ne s’intéresse à l’héritage africain pour les rondeurs de ses femmes.

Parlons également du mythe selon lequel les hommes africains aiment les femmes plantureuses, j’appelle cela un mythe parce que cela n’est pas généralisé… et avec la mondialisation j’en suis encore moins sûre.

Voilà ce que j’en pense : avoir des formes c’est une chose, être obèse en est une autre. Je ne me fierai pas à cet IMC qui à mon avis est calqué sur les moyennes de poids européennes. Mais pour autant il en va quand même de notre santé de surveiller un temps soit peu notre poids. La femme africaine a eu, a et aura toujours des formes généreuses mais que ces rondeurs soient disgracieuses et surtout dangereuses pour la santé comme ce que mes sœurs ivoiriennes exhibent fièrement dans des slim taille 12, string bien en vue #Ayaa, doit pouvoir nous faire réagir.

L’influence de l’occident aide un peu la diaspora africaine à prendre conscience que ce n’est pas un « héritage » d’avoir des grosses fesses. Quand en plus pour les avoir il faut s’enduire le corps de produits chimiques dont on ne connait aucunement les conséquences.

Le vrai héritage de la femme africaine c’est de garder son teint ébène, de le faire luire s’il le faut, de ne pas maltraiter ses cheveux ni exhiber des courbes un peu trop généreuses et non pas faire l’apologie de la graisse à moins d’instituer dans nos pays un concours de sumo :)

Tu peux être en forme mais faut pas exagérer aussi #Ayaa

Anyway, ce n’est que mon humble avis. De toutes les façons, l’Afrique se portera beaucoup mieux quand l’africain arrêtera de faire son africain !

 

*IMC : Indice de Masse Corporelle.

*foutou :  met très apprécié en pays Akan notamment au Ghana et en Côte d’Ivoire. Il se présentant sous la forme d’une boule dense ; il est fait à base de manioc, de banane plantain ou d’igname et se mange avec une sauce en accompagnement.

*sauce graine : sauce à base de graines de palmier.

*alloco : frites de bananes plaintain.

*amiwo : plat typiquement beninois à base de farine de maïs et de sauce tomate.

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  • Joys Joys

    D’accord et pas d’accord !! D’accord de dire qu’il faut manger sainement ! Important ! Cependant, par exemple pour avoir fait une étude sociologique sur les marchés en Abidjan, les recettes et habitudes alimentaires traditionnelles (je dis bien traditionnelles) ivoiriennes sont saines : au moins 3 légumes/sauce voire plus, des féculents sainement transformés, les fruits très prisés, les protéines avec parcimonie car chères, des aliments achetés le jour même et on n’aime pas manger les mêmes sauces deux jours d’affilée donc une alimentation équilibrée et variée, peu d’huile et de « cubes » car denrées rares également, donc par conséquent la friture rare, l’alloco étant considéré comme un met pour les enfants. Normalement en mangeant « à la traditionnelle » dans des quantités raisonnables on ne devrait jamais être obèse. Donc EXIT l’idée de devoir renoncer à la nourriture du terroir, ce sont les nouvelles habitudes urbaines (chips, grignotages, allocos et grillades du 16h ou du 18h, bières et sodas de plus en plus présents pendant les repas, ajout d’huiles et d’exhausteurs de gout dans toutes les sauces…) qui ont dénaturé les vraies bonnes habitudes alimentaires ivoiriennes. Et je rajouterai la sédentarisation nous a tiré une grosse balle dans les pattes, on ne marche plus, on utilise tout le temps la voiture, pas ou peu de tâches ménagères ou de maraîchage, et à côté le sport pour le sport ne faisant pas encore totalement partie des habitudes naturelles des gens de chez nous… Puis… Pas d’accord avec l’IMC !!! Il se base sur le poids et la taille, mais pas sur la quantité de graisse par rapport au reste du corps GROSSIERE ERREUR !!! Il est notoire que les blacks ont des os plus lourds et denses donc forcément le calcul est faussé de base. D’autre part, je pense qu’il serait plus avantageux de réfléchir de manière globale. Pour la petite anecdote, je ne me trouve pas obèse et pourtant on me classifie parmi les obèses selon mon IMC, quand j’ai demandé au médecin de faire un bilan de santé, elle semblait presque soulagée que je le fasse, me disant que pour revenir à la norme j’aurais du perdre 35 kg… j’étais sûrement malade quelque part… Mon mari qui est beaucoup moins regardant à ce qu’il mange, mais qui est mince, je lui ai demandé de faire lui aussi son bilan de santé, car je trouve qu’il mange beaucoup de gâteaux et de grignotages… Le médecin lui a dit qu’il n’avait pas à le faire car il était mince… Résultat des courses : mon bilan est parfait : rien pas de cholestérol, pas de sucre, pas de sel… Et j’attends ceux de mon mari espérant qu’il n’a rien… LOL. Pour l’histoire des femmes plantureuses, quand j’ai dit à mon mari que je devais perdre 35kg il m’a dit : « tu vas disparaître !!!, 10 kg si tu veux mais pas plus »… Alors qu’en perdant 10 kg avec le poids que j’ai je serais encore en surcharge pondérale selon mon IMC. Je ne parlerai pas d’héritage pour le mythe des femmes africaines rondes, mais je parlerai de faits. Déjà dans le plus lointain de mes souvenirs, je revois les femmes de mon enfance, ont toujours été bien en chair, mais harmonieuses, c’est à dire PAS DE BOURRELETS malgré certains gabarits très imposants, elles n’avaient pas l’impression de porter du 38 mais flirtaient plus avec les 44-50. Les pubs des collants de la célèbre marque D***S présentent des femmes filiformes que mon mari trouve tout simplement répugnantes (désolée pour les filles que notre bon Dieu a créées ainsi)et il ne comprend pas qu’on considère comme obèse les femmes qui participent au concours français « Miss Ronde », pour lui elles sont justes en chair. Il n’est pas le seul black à avoir cett perception. Mon beau frère a carrément demandé à ma soeur de regrossir après son régime post grossesse parce qu’il lui disait qu’elle avait la forme d’un enfant de 12 ans. Une autre de mes copines qui essaie de perdre aussi ses kg de grossesse s’est vue refroidie par son mari qui lui a dit « fais ce que tu veux mais si tu perds de la poitrine et des fesses ça va pas le faire ». Et un autre pote qui me dit : « quand je dors à côté d’une femme et que je promène mon bras dans le lit, il faut que je sente de la matière ». Bref je m’arrête ici. Je pense pas que les Africains aiment les femmes obèses, pleines de bourrelets et de gras, mais je pense qu’ils n’ont pas la même perception de ce qu’on appelle obésité, surpoids et normalité, et surtout chères femmes africaines, ça ne sert à rien de s’agripper au 36/38 qu’on nous vend comme la norme de beauté, et de se sentir coupable dès qu’on passe le 44 parce qu’on est obligé d’aller honteusement se ravitailler chez les grandes tailles du magasin, où c’est souvent un peu laid, et parfois plus cher. Il ne s’agit pas d’être un tas dégoulinant de partout, mais au lieu de parler de ce chiffre très contestable qu’est l’IMC, il faudrait regarder dans la globalité le type, la morphologie et son harmonie, les antécédants, bref, je ne me sens pas obèse ni dégoulinante de gras, ni malade, et pourtant j’en fais partie et suis considérée comme telle par le corps soignant… Je dirais pour lutter efficacement contre les problèmes de santé liés à l’excès de poids, il vaut mieux revenir aux bonnes habitudes du terroir, forgées par des siècles de connaissances et de retour d’expérience, basées sur les produits locaux et de saisons, et sur les prédispositions génétiques des peuples, en intégrant le bon sens paysan et les résolutions scientifiques d’aujourd’hui, et réfléchir à la manière de lutter activement contre la sédentarisation des populations.

  • Lex

    Je Valide ton article! Je suis toujours offusqué quand je vois à la télé ce genre de réflexions tenues par des femmes (noires comme blanches)en surpoids voire obèses et qu’on encourage même en leur créant des lignes de vêtements! Ça me tue car l’on a tellement pas idée de toutes les maladies occasionnées par ce terrain de surpoids/ obésité!